• Faire un pas : 2e partie

    Hey !

    Voici la deuxième partie de Faire un pas - qui devait arriver hier, mais j'ai eu des problèmes de connexion là où je suis parti...

    La première partie est ici pour celleux qui ne l'auraient pas lue.

    N'hésitez pas à me faire part de vos commentaires !

     

     

    – Léo ? demande Bastien. Tu ne t’appelles pas Samuel ?

    – Je t’expliquerai en chemin. Pars devant, Martin. On te rejoindra.

    Il s’éloigne, rejoint Axel, Raphaël et Damien. Je regarde Bastien, et nous nous remettons à marcher rapidement pour rattraper le temps perdu. Bientôt, nous sommes à une distance raisonnable d’eux. Alors Bastien brise le silence :

    – Pourquoi il t’appelle Léo ? Tu es trans ?

    Je ne veux pas acquiescer. Je suis un garçon, pas un trans. Mais, en même temps, c’est le mot qui me correspond, alors, j’explique à contre-coeur :

    – Martin m’appelle Léo car mon « vrai » prénom, mon deadname, c’est Léonie. Il m’a connu fille et me surnommait Léo. Il n’a jamais arrêté. Mais moi, je sais, je suis un garçon, comme toi, et mon prénom, c’est Samuel.

    Je ne prononce pas le mot trans, il me rappelle de mauvais souvenirs. De très mauvais souvenirs. Damien qui me dit que c’est pas naturel. Mes parents qui ne comprennent pas, me disent que ce n'est qu'une phase. Pauline qui dit « Ma sœur, c’est un garçon. » et se fait répondre que ce n'est pas possible. Axel qui me susurre que malgré tout, je ne suis qu’une fille, que je fais ça pour attirer l’attention des autres.

    Bastien se tait, et ayant du mal avec du silence, je me perds en banalités, tout en poursuivant mon objectif : ne pas m’arrêter avant Axel. Et je réussis à le tenir, m’asseyant en dernier. Je déballe mon sandwich, et l’aluminium se perd dans le vent.

    – L’aluminium met un temps fou à se dégrader ! s’écrie Bastien. Tu aurais pu faire attention !

    – Si on savait que t’étais aussi chiant, on t’aurait pas proposé de venir, lâche Damien.

    – On se calme, pas de chamailleries maintenant !

    Raphaël a parlé. Tous se taisent. En tant qu’aîné de la bande, et seul majeur, il est en quelque sorte notre chef.

    – On a fait la moitié du chemin. Si on va à la même vitesse en repartant dans une heure, on y sera vers six heures. J’avais pas prévu que Léonie marcherait si vite.

    – Je m’appelle Samuel, merde !

    J’ai hurlé, je viens de m’en rendre compte. Heureusement que nous sommes seuls, je déteste qu’on entende ma voix qui part dans les aigus quand je m’énerve, c'est une voix de fille.

    Martin vient vers moi, le sandwich à la main. Il me prend à part. Quand il fait ça, c’est qu’il veut me dire quelque chose d’important, et ce n’est jamais très joyeux. Je sens à sa démarche qu’il n’est pas sûr de lui. Je pense savoir pourquoi, mais je préfère ne pas élaborer de théories pour le moment.

    – Léo… commence-t-il. Je sais que c’est beaucoup t’en demander, mais… Arrête de faire des scandales parce qu’ils t’ont appelée par ton vrai prénom. Demande-leur de t’appeler Léo, comme moi, si tu veux. Mais si tu piques des crises comme ça devant mes parents, tu ne pourras plus venir avec nous. Je considère Léo comme ma meilleure amie. Samuel me fait peur.

    Je ferme les yeux, comme à chaque fois que je veux pleurer.

    – Je… Martin…

    Il me serre dans ses bras, ses bras musclés que j’envie.

    – Ne change pas, Léo. Tu es parfaite comme ça.

    Ils vont se moquer de moi parce que je pleure, et qu’un garçon ça ne pleure pas. Ça leur donnera une raison supplémentaire de penser que je suis une fille, parce que je ne corresponds pas à leur image de masculinité.

    Je sèche mes larmes. Je suis fort. Je ne veux pas pleurer.

    Je me libère de l’étreinte de mon meilleur ami. Je lui souris faussement et avale une bouchée de mon sandwich. Je me rends compte que Bastien s’est assis près de nous.

    Martin retourne à côté de Raphaël. J’entends déjà leurs moqueries. Mais je suis fort et je commence à avancer sur ses pas.

    – Attends, murmure Bastien. Tu ne veux pas rester ici ? Je… J’ai pas envie de manger avec eux.

    Finalement, nous mangeons tous deux éloignés des autres garçons. J’apprends, en m’étonnant de la contenance de son sandwich, qu’il est végétarien. Pour sauver la planète. Moi, j’aime trop la viande, même si son intention est louable.

    Nous nous remettons en route à 12h37, selon ma montre. Bastien et moi partons les derniers, quitte à nous faire railler, on veut discuter. Nous sommes rapidement amenés à parler de nos familles. Je parle de Pauline, de mes parents qui commencent à comprendre mon genre, et s’habituent à dire qu’ils ont une fille et un garçon qui se nomme Samuel.

    – J’ai deux sœurs, précise Bastien.

    La montée se déroule plutôt bien, si on ne compte pas les brimades habituelles d’Axel, mais j’ai tellement l’habitude que ça ne me fait plus rien. Bastien s’étonne de mon courage. Puis à seize heures, nous nous arrêtons tous pour prendre le goûter.

    Les deux dernières heures sont les plus longues. Pas les plus difficiles, le plus gros est monté, mais les plus longues. Arrête ! me crie mon corps. Je ne l’écoute pas, je ne veux pas l’entendre, ce corps ne me correspond pas, il ne me reflète pas.

    Ce qui sauve, c’est de faire un pas. Et un pas après l’autre, j’y arrive.

    À 18h02, nous frappons à la porte du refuge. Je suis épuisé, mais je suis fier. J’ai réussi.

     

    J’ai réussi.

     

     

    À la semaine prochaine !

     

    Sasha

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  • Commentaires

    1
    Lundi 2 Avril à 17:41

    J'adore !

      • Lundi 2 Avril à 17:51

        Merci beaucoup !

      • Lundi 2 Avril à 17:57

        De rien ^-^ J'ai hâte de voir la suite !

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