• Faire un pas : 3e partie

    Hey !

    Voici la 3e partie de Faire un pas !

    La partie précédente est ici pour celleux qui ne l'auraient pas lue.

    N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !

     

    Les parents de Martin nous accueillent avec joie. Je fais la bise à sa mère sans problème, mais quand je tends la main à son père, il l’ignore et m’embrasse. Je ravale ma colère et ma peine. J’attrape mon sac et je sors un instant prendre l’air. Je rentre une minute plus tard, et tout a été décidé sans moi. Les parents de Martin vont skier, ils dorment donc à la station. Nous ne ferons pas de ski, car la neige commence à manquer, et de toute façon Damien et Raphaël n’aiment pas ça. Nous ferons donc des raquettes et des randonnées.

    Je vais dans le refuge et m’installe sur un matelas. Je ne dispose pas mes affaires, contrairement à Bastien. Nous restons quelques minutes dans le dortoir mais pas trop longtemps car Martin nous appelle pour qu’on aille manger dans la salle d’à côté. J’attrape mon sandwich dans mon sac, tout comme Bastien et Raphaël et nous nous retrouvons dans la salle hors-sac.

    L’atmosphère est conviviale. En apparence. Je me retiens d’exploser pour éviter le chaos dans la salle où il y a d’autres personnes que nous, mais à chaque fois qu’on m’appelle Léonie, je précise :

    – Je préfère Léo, je trouve mon prénom trop long.

    Je respire un grand coup et essaye de me calmer. Mais à ce moment-là, j’aperçois un rictus au coin des lèvres de Raphaël, qui devient contagieux, et qui arrive finalement sur la bouche de Martin. C’en est trop. J’explose. Je me lève et frappe Axel avec mon sandwich.

    – Je te déteste, espèce de con !

    Bastien essaye de me calmer, mais il écope d’un coup de coude. J’en ai assez ! Je ne veux plus être aidé ! Je n'en ai pas besoin !

    – Oh là là, on a ses règles ? s’écrie Raphaël.

    – Je ne suis pas une fille ! hurlé-je.

    – Calmez-vous, essaye Bastien – mais personne ne l’écoute.

    Axel s’approche de moi et me souffle :

    – On verra bien tout à l’heure.

    Nous finissons de manger dans un calme olympien, qui nous étonne nous-même. Puis nous allons dans le dortoir. J’ai été présenté sous le nom de Léo et avec mes cheveux courts, le patron a pensé que j’étais un garçon. C’est ma première victoire de la journée. Je souris.

    Les gars se mettent en pyjama. À mon tour, je me déshabille. Mais quand je veux trouver mon pyjama, il est dans les mains d’Axel.

    – Rends-moi mes affaires !

    – Viens nous prouver que tu es un gars alors !

    Je ne veux pas marcher avec ce corps de fille, me lever, montrer à tous cette poitrine dont j’ai si honte. Pourtant, je dois leur montrer que je suis un garçon malgré tout. Alors je me lève, les bras croisés sur ces seins qui me sont si étrangers, qui appartiennent à Léonie. À mon passé. Je marche à moitié nu pour récupérer mes affaires. Ce qui sauve, c’est de faire un pas. Un pas après l’autre, j’arrive sur Axel et prends mon pyjama.

    – Tu vois que t’es pas un gars, t’as des seins !

    – Toi aussi ! m’écriai-je. Pourtant t’es pas une fille à ce que je sache.

    – Oui, mais moi j’ai quelque chose que tu n’as pas. Je peux te montrer, si tu ne vois pas quoi…

    Il s’approche de moi, et prend mon T-shirt.

    – Rends-moi mes affaires !

    Il ne répond pas. Je répète puis me jette sur lui pour lui arracher mon T-shirt des mains. Et pendant la mêlée, il me touche la poitrine. Puis il s’aventure sur le reste de mon corps.

    Ça ne peut pas m’arriver.

    Pas à moi.

    Ça n’arrive qu’aux autres.

    Pas à moi.

    Je suis sidéré. Je ne peux pas réagir. Il me lance :

    – La preuve que t’es une fille : je peux te violer.

    Je ne peux pas réagir.

    Je. Ne. Peux. Pas.

    Il m’enlève mon pantalon. Sans que je réagisse.

    Je ne peux plus rien faire.

    Il veut toucher à mes sous-vêtements. Non.

    NON.

    – Laisse-la tranquille ! crie Martin.

    – Laisse… Moi… articulé-je.

    Miracle. Il m’écoute. Il s’en va. Il me lance mon T-shirt.

    – Salope ! lance Raphaël. T’es qu’une salope qui se prend pour un gars !

    – Pourquoi tu lui parles comme ça ? demande Bastien, qui était allé se changer ailleurs, comme j’aurais dû le faire.

    Il me voit à moitié nu, avec mon T-shirt devant la poitrine, pour la cacher. Je ne veux pas qu’Axel me touche. Je ne veux pas.

    – Accepter, c’est déjà harceler, lâche Bastien en fixant Martin.

    – Lui fais pas la morale, espèce de tapette ! Quand on n’a pas le courage d’affronter quelqu’un, on dit rien ! s’écrie Damien.

    Bastien rougit sous l’insulte. Je ravale ce que je veux dire et vais me coucher. Bastien, puis Martin m’imitent : c’est plus facile que d’affronter Axel, Damien et Raphaël. De toute façon, je viens de me rendre compte que mon meilleur ami ne me défendra plus contre eux. Je suis seul. Vraiment seul. Seul contre Axel.

    Et une heure plus tard, je suis le seul à être encore réveillé. J’ai du mal à m’endormir, j’ai peur : et s’il venait pendant la nuit pour me faire du mal ? Pour me rassurer, je sers dans mes bras mon oreiller – qui remplace provisoirement le doudou que je n’ai pas eu le courage de prendre.

    Et finalement, c’est en relisant une énième fois Terre des Hommes que je trouve le sommeil.

    Mais je ne suis pas tranquille : je suis plusieurs fois réveillé par mes cauchemars.

     

    À la semaine prochaine !

    Sasha

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