• Faire un pas : dernière partie

    Hey !

    Je m'excuse pour le retard avec lequel je poste la dernière partie de Faire un pas...

    J'espère que vous apprécierez !

    Partie précédente

     

    Je cours jusqu’au refuge. Je trouve Martin, qui s’exclame :

    – Léo ! J’ai eu si peur pour toi ! Ils ne nous ont pas laissé sortir à cause de l’alerte, mais toi, tu étais dehors !

    – Bastien ! Bastien !

    – Quoi, Bastien ?

    – Il est pas là ! Il est dehors ! Il va se suicider !

    Martin me prend dans ses bras.

    – Non ! crié-je.

    Et je me dégage de son étreinte.

    C’est horrible. À travers Martin, je vois Axel.

    – Calme-toi ! On va retrouver Bastien… Tu es sous le choc, ma Léo…

    – Je ne suis pas ta Léo ! Et je sais que Bastien va se suicider !

    Je mets mes mains dans mes poches, et je trouve la plus sérieuse des preuves, sans le faire exprès : une lettre pliée en quatre.

    Je l’ouvre. Elle est adressée à Axel, Damien et Raphaël. À ses bourreaux.

     

    Chers Axel, Damien, Raphaël,

    Chers bourreaux,

    Je sais que je ne vous manquerai pas. Mais peut-être que le fait d’avoir ma mort sur la conscience vous fera réfléchir. Je l’espère. J’ai toujours rêvé que ma mort serve à quelque chose.

    Je sais que je suis homosexuel depuis quatre ans. Parce que je suis tombé amoureux de toi, Raphaël. Et tu ne m’aimais pas. Et tu as tout raconté. J’ai changé de collège, puis j’ai choisi l’option russe pour m’éloigner de toi et ne pas aller dans le même lycée que toi. C’est là que j’ai rencontré Martin, qui lui aussi faisait l’option russe, et Samuel, de très loin, car il est très distant avec ceux qu’il ne connaît pas. On n’a jamais eu une heure en commun.

    Quand je vous ai vu, hier, j’ai grimacé. Parce que Martin ne m’avait pas dit qu’il vous avait invités. Tu as dû voir mon expression, Damien, puisque tu m’as chuchoté discrètement :

    « Tu as raison d’avoir peur. »

    Et puis j’ai rencontré Samuel. Pour de vrai. C’est le coup de foudre, l’amour au premier regard, the love at first sight. Et tu l’as bien compris, Raphaël. Je me comportais avec lui comme avec toi trois ans auparavant. Donc vous avez décidé de me le faire payer.

    Tout ça parce que mon amour est selon vous moins légitime que celui que vous avez pour des filles.

    C’est dégueulasse.

    Et cette nuit, je n’ai pas dormi. Et vous non plus. Parce que dès que vous avez été sûrs que Samuel et Martin dormaient, vous m’avez lancé des insultes, et vous êtes même allés vous glisser dans mon lit, sans doute pour voir si je ressentais quelque chose. Et oui, j’ai ressenti quelque chose : j’ai été humilié.

    Et c’était l’humiliation de trop.

    Je suis désolé, Samuel.

    Je suis désolé, Martin.

     

    J’ai trois messages à faire passer :

    Axel, Damien et Raphaël : ALLEZ AU DIABLE !

    Martin : Je suis désolé. Promets-moi que tu prendras soin de Samuel.

    Samuel : Je t’aime. Plus fort que j’ai aimé Raphaël, et pourtant Dieu sait que je l’ai aimé. À en faire trembler les murs. Je t’aime. Et même dans la mort, je t’aimerais toujours. On se retrouvera quelque part, oui, quelque part…

     

    Bastien.

     

     

    Je pleure, et Martin, qui a lu la lettre avec moi, aussi. Il va vers Axel, Damien et Raphaël pour hurler :

    – Vous êtes des monstres ! Et dire que je vous ai fait confiance ! Vous… Vous avez tué Bastien !

    Quelqu’un est obligé de venir les séparer.

    Bastien a écrit ça cette nuit. Je m’en rends compte à présent. J’ai vu de la lumière, quand je me suis réveillé d’un cauchemar. J’ai pensé que c’était Martin qui lisait. Mais c’était lui.

    Il l’a mise dans ma poche. Pour moi. Sait-il qu’Axel m’a agressé ? Agressé sexuellement ?

    Je m’approche de mon meilleur ami, qui me présente ses excuses pour m’avoir mal traité pendant si longtemps, pour avoir nié que j’étais un garçon, comme lui. Pour ne pas avoir réagi.

    Nos larmes se mélangent. Nous nous regardons dans les yeux et je propose :

    – Quand la police retrouvera son corps… On leur donnera la lettre.

    – Oui… Il faut que ces salauds soient punis… Pour Bastien.

    – Et quand on rentrera chez nous… on ouvrira un blog, tous les deux. Pour les LGBT, comme Bastien et comme moi. Et on les aidera. Je ne veux plus jamais d’un autre Bastien comme lui. Je ne veux plus de gens qui pensent comme Axel, qui font ce qu’Axel a fait. Je ne veux que des Bastien heureux.

    Dire son nom me fait frissonner. Mais je l’ai dit.

    Ce qui sauve, c’est de faire un pas. Et un pas après l’autre, je vais vaincre mon bourreau.

    – Moi aussi, répond Martin en reniflant. Je ne veux que des Bastien et des Samuel heureux… Mais… Tu permets que je t’appelle Sam ?

     

    J'espère que vous avez apprécié cette fiction !

    N'hésitez pas à laisser votre avis en commentaires !

     

    Have a lovely day,

    Sasha

    « Faire un pas : 4e partieSunshine Blogger Awards Tag »

    Tags Tags : , , ,
  • Commentaires

    1
    Dimanche 29 Avril à 16:33

    Ouah, franchement j'ai adoré ta fiction !

    Il y a un beau message à la fin, je trouve ça super !

      • Samedi 12 Mai à 17:22

        Avec 500 ans de retard... Merci !

         

        C'est ce que j'ai voulu faire passer, je suis content que ce soit passé !

      • Samedi 12 Mai à 17:29

        De rien !

        ^-^

    2
    Dimanche 29 Avril à 19:21

    J'ai adoré c'était bien écrit et les morales est magnifique ! En tant que bisexuelle je trouve le message de fin magnifique et j'avoue que j'ai failli verser une petite larme en voyant ce qu'il était à Bastien.

      • Samedi 12 Mai à 17:23

        Désolé du retard...

        Merci beaucoup pour tes commentaires !

        Oui, Samuel était beaucoup pour Bastien... Ça m'a fait mal de tuer Bastien... (à la base je devais tuer Samuel mais la narration en "je" n'était plus possible...)

    3
    Vendredi 1er Juin à 23:48

    J'ai pleuré pour Bastien parce que je suis un caca émotif

    Cette nouvelle est à peu de choses près ce que j'appelle du génie. Tu es génial.e.
    Oh puis ça fait pas du tout cliché. Tu rends assez bien la dysphorie. Et puis tu rends assez bien ma plus grosse hantise, aussi (Axel). Quelle horreur cet Axel, quelle espèce d'affreux, ignoble, immonde et sans importance petit personnage infâme. Damn.

    J'aime ce récit. En vrai, je vais mettre la première partie en favoris et je vais la faire lire à tout le monde, obligé u.u

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :