• Maussade

    Texte pour la première manche du concours d'Harmonie.

     

    Maussade

     

    Noé avait toujours aimé la pluie et le temps maussade. Ses seuls instants de joie étaient ceux qui précédaient une sortie alors qu'il pleuvait. Sauter dans les flaques ou se tremper de boue ne l'intéressait pas. Non, il aimait simplement l'odeur de la pluie, le bruit de la pluie, être mouillé, non pas pour faire enrager ses parents, non, juste parce qu'il aimait ça. L'eau. Pendant toute son enfance, il avait plu dans sa cabane trouée où il avait vu mourir ses deux parents. L'eau le trempait jusqu'aux os mais qu'importe. L'eau avait causé la mort de ses parents qu'il n'avait connu que quatre ans et dont il ne se souvenait presque pas. L'eau l'avait nourri en attendant qu'arrive un vieil homme maussade à la barbe blanche. Il l'avait pris dans ses bras, consolé, cajolé. Mais Noé restait aussi maussade que le temps de chien qu'il faisait en Bretagne. Il était rentré au collège, sans émois, sans tracas, sans rires, sans amis. La sixième, la cinquième s'étaient passées sans rien, rien que les larmes continues de Noé qui pleurait le déluge. Cela n'inquiétait personne. Noé n'avait jamais cessé de pleurer que quand il pleuvait. Il pleuvait sans cesse avant, Noé était donc joyeux. Mais le soleil avait pris une place qui ne lui appartenait pas. Dans le cœur de Noé, le soleil ne pouvait pas briller.

     

    Noé avait toujours aimé la pluie parce qu'elle cachait ses larmes et ses blessures. Il y a des douleurs qui ne pleurent qu'à l'intérieur. Noé les connaissait trop bien.

     

    Noé avait toujours aimé la pluie parce qu'elle cachait ses larmes et ses blessures. Ce n'est rien, j'ai glissé, ne t'inquiète pas. Elle lui fournissait les excuses qu'il lui fallait. Il fallait cacher ses larmes et ses blessures. Éviter le déluge intérieur.

     

    Noé n'avait jamais aimé le soleil car les manches longues qu'il portait pour cacher les bleus lui donnaient chaud. Ne t'inquiète pas, maman, j'ai grandi dans une cabane trouée, je suis frileux. Ce n'est rien, je n'avais plus de manches courtes.

     

    Noé avait toujours aimé la pluie pour sa mélancolie. Ces jours-là, il s'autorisait à rêver de mieux, à écrire à Jeanne en secret, une jolie fille joyeuse. Il aimait les jours de pluie pour rabattre sa capuche sur ses bosses et ses gants sur ses mains pleines de sang. Ce n'est rien, je me suis blessé à la récréation.

     

    Noé avait toujours aimé la pluie car elle lui donnait chaud au cœur. Il pleuvait, ce jour-là, dans les rues de Rennes. Ce jour-là où Jeanne lui avait dit qu'elle l'aimait. Ce jour-là où il avait tellement déliré qu'il avait cru que Jeanne lui avait dit.

     

    Il pleuvait ce jour-là où une bande de trois garçon l'avait emmené derrière le supermarché. Il pleuvait ce jour-là et Noé se dit que le déluge venait d'arriver. Alors il ferma les yeux et connut une fois l'insouciance. On est libre dans la mort...

     ©Nienor

     

    Je sais, ce n'est pas gai, c'est même triste, je vous préviens, beaucoup de textes seront tristes. Qu'en pensez-vous ?

    Margaux.

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